Posts Tagged ‘XVIIIe’

h1

Quel est l’âge de la Terre?

2 octobre 2011

La réponse à la question est donnée d’emblée : la Terre a 4,5 milliards d’années.
Ce que nous apprend ce livre c’est comment on est parvenu à cette valeur.
L’âge de la Terre est devenue une question scientifique au XVII-XVIIIe siècle. Auparavant, la Bible offrait un moyen bien commode de dater l’origine du monde : il suffisait de remonter le temps en comptant les générations qui se sont succédé.
Jacques Treiner nous raconte comment les scientifiques vont contredire les mythes en cherchant des chronomètres dans la nature comme le calcul du refroidissement de la Terre ou l’origine de l’énergie solaire, objet de controverse entre Kelvin et Darwin. Et les querelles de scientifiques ne prendront fin qu’avec la découverte de la radioctivité approuvée comme étant le bon chronomètre.

Quel est l’âge de la Terre?
Jacques Treiner
Éditions Le Pommier, Les petites pommes du savoir
64 pages, septembre 2011

Publicités
h1

Voyage en Laponie de Monsieur de Maupertuis

8 mai 2011

La Terre est-elle allongée aux deux pôles comme une courge ou aplatie comme une mandarine ? Pour trancher la question, Louis XV envoie deux expéditions mesurer la longueur d’un arc de méridien : l’une en Équateur, l’autre au pôle Nord. C’est Monsieur de Maupertuis, brillant géomètre, meneur d’hommes et grand séducteur, qui est chargé de diriger l’expédition au nord de la Suède, en Laponie.

L’auteur, à partir du carnet de bord de l’abbé Outhier, membre de l’expédition, relate l’aventure de façon précise. La mission scientifique est très détaillée tout particulièrement la mesure d’un arc de méridien par triangulation. La rencontre avec les Lapons, les conditions de vie extrêmes et la personnalité enjouée de Maupertuis conduisent à un récit amusant et très mouvementé.

Viande de renne, poisson sec et eau-de-vie sont au menu pour ces savants au visage enduit de goudron puant (pour se protéger des moustiques), en tenue lapone, càd couvert de la tête aux pieds de peaux de renne malodorantes. L’aventure est périlleuse, mais l’escalade des plus hautes montagnes du nord de la Suède pour réaliser les mesures va permettre à Maupertuis d’établir enfin la forme réelle du globe terrestre.

Voyage en Laponie de Monsieur de Maupertuis
Elisabeth Badinter
Illustration de Jacqueline Duhême
Seuil jeunesse, 72 pages, avril 2003

h1

Les explorateurs du XVIIIe siècle

6 avril 2011

L’auteur relate dix voyages d’explorateurs qui nous entraînent aux quatre coins du globe à la découverte de l’Amazone, de la Sibérie, du fleuve Niger ou des îles du Pacifique. Les expéditions du XVIe et XVIIe siècle étaient principalement constituées de marchands et de missionnaires, tandis que les explorations du XVIIIe embarquent des savants pour étudier la faune, la flore et les populations lointaines.

Si certains récits (ceux tirés de compte-rendu de naturalistes ou d’astronomes) mêlent aventure et témoignage scientifique, c’est surtout le côté périlleux des expéditions (vie à bord des navires, conditions météo, difficultés à s’orienter) et les relations (amicales ou belliqueuses) avec les indigènes qui sont développés.

Et parmi les plus connus des explorateurs, si Bougainvilliers s’en sort bien, ce ne sera pas le cas de Cook ou de La Pérouse. Car ces voyages ne sont pas de tout repos. On doit batailler contre la promiscuité, le scorbut, les tempêtes, la désorientation, le mal de mer et parfois même contre les indigènes.
Mais il y a aussi de bons côtés avec la découverte de nouvelles terres, la flore et la faune incroyables, le gigantisme des paysages, l’accueil bienveillant des « bons sauvages » et le contentement de faire progresser les connaissances scientifiques ou d’établir la carte du globe.

Tous ces récits sont écrits de façon très vivante et les illustrations reflètent tout à fait l’esprit de ces carnets de voyage. Chaque texte est suivi d’une double page encyclopédique illustrée de documents anciens (dessins et croquis des naturalistes et des peintres ayant accompagnés l’expédition) qui présente les progrès scientifiques du XVIIIe siècle.

Les explorateurs du XVIIIe siècle
Dominique Lanni
Illustré par Christian Heinrich
Gallimard jeunesse, Sur les traces des …, 128 pages, juin 2007

h1

L’incroyable voyage de Monsieur de Lapérouse

17 mars 2011

1785. L’Astrolabe et la Boussole partent sous le commandement de Lapérouse pour un voyage planétaire ordonné par le roi Louis XVI. L’expédition embarque nombre de savants : botaniste, astronome, minéralogiste, géographe, mécanicien-horloger et dessinateurs.

Le récit s’appuie sur des documents du Musée de la Marine : journal de Lapérouse, instructions de Louis XVI, liste des équipages et des savants participants à l’expédition, liste du matériel embarqué… Les instructions du roi relatives à la mission des savants sont bien présentées : établir des cartes, calculer la distance de la Terre à la Lune, étudier la nature des sols, les curiosités naturelles ; introduire dans ces pays d’outre-mer les plantes utiles cultivées sous nos climats ; rapporter en France des graines et des boutures de toutes les plantes exotiques.

Mais c’est surtout la vie à bord qui est racontée, les difficultés de navigation, les confrontations avec les indigènes. On a seulement quelques informations sur les activités des scientifiques à terre. Alors qu’à chaque escale, la mission des scientifiques commence – semer les graines, examiner les sols, herboriser, vérifier si les cartes du Pacifique sont exactes – il est dommage que le récit ne précise pas ce qu’ils découvrent de la faune et la flore, des coutumes des habitants.

L’incroyable voyage de Monsieur de Lapérouse
Sophie Humann, illustrations d’Emmanuel Cerisier
Gulf Stream Editeur, 96 pages, octobre 2007

h1

Le Buffon choisi de Benjamin Rabier

23 juin 2010

Avec la collection « Aux couleurs du temps »,   les éditions Circonflexe rééditent quelques-unes des œuvres majeurs qui ont marqué l’histoire du livre de jeunesse.
Le Buffon choisi dresse le portrait d’animaux de toutes les régions du globe, domestiques ou sauvages.

D’un côté, les textes de Buffon, écrits au XVIIIe siècle. De l’autre côté, les illustrations de Benjamin Rabier, réalisées à partir de 1911.

Même si Buffon, contre les préjugés de son époque, place l’homme dans l’ordre animal, Le Buffon choisi reflète, aujourd’hui, la façon dont l’homme du siècle des Lumières se place au centre de la création. Le chapitre s’intitule L’Homme – Sa supériorité sur les Animaux–, et précise: « le plus stupide des hommes suffit pour conduire le plus spirituel des animaux ».

Il faut se rappeler que ce texte date du XVIIIe siècle, mais on peut quand même rire de certains propos : « Le blaireau est un animal paresseux […]» ; « L’extérieur du lion ne dément point ses grandes qualités intérieures […], sa taille n’est point excessive comme celle de l’éléphant ou du rhinocéros » ; « L’écureuil est un joli petit animal qui […] mériterait d’être épargné » ; « La girafe est un des premiers, des plus beaux, des plus grands animaux qui sans être nuisible est en même temps l’un des plus inutiles »…

Le Buffon choisi de Benjamin Rabier
Auteur : Buffon
Illustrateur : Benjamin Rabier
Circonflexe, Aux couleurs du temps, 224 pages, 2009

Consultable en version numérique sur : www.universcience.fr/fr/bibliotheque-bsi
Cliquer sur Scientifica puis Coin des enfants

h1

Le sang d’un prince

28 mai 2010

Dans cette deuxième aventure des Enfants des Lumières, on retrouve Pierre, le jeune héros du Singe de Buffon qui nous fait découvrir une innovation de la médecine : l’inoculation.
1756, Théodore Tronchin, médecin genevois doit inoculer les enfants du duc d’Orléans contre la variole. La technique est controversée et le médecin assailli de critiques et de haine par ses opposants ; la méthode est jugée trop risquée, et même, elle s’oppose à la volonté divine… Pour convaincre la duchesse de l’innocuité de ce traitement, Edeline, la fiancée de Pierre, se porte volontaire : elle est inoculée, mais au grand effroi de Tronchin, elle semble beaucoup plus affectée par la maladie que prévu… Pierre devra tout faire pour découvrir les ennemis de Tronchin et sauver son amie.

L’intrigue que doit déjouer Pierre l’entraîne dans le monde médical du XVIIIe siècle, avec ses rivalités entre chirurgiens et médecins. L’état des connaissances est faible ; il est par exemple difficile d’établir un diagnostic, et les questions naïves que pose Pierre révèlent les superstitions et les peurs ancestrales mais aussi le poids de la religion. Avec l’inoculation, le patient ne risque-t-il pas de se voir transmettre un peu de l’âme du malade en même temps que sa maladie ? Et si pour nombre de médecins, s’exposer volontairement à la maladie est une folie, pour la religion, accepter la notion de prévention heurte l’idée d’un Dieu tout puissant qui répandrait la maladie selon son bon vouloir.

Le Sang d’un prince – Les Enfants des lumières
Laure Bazire et Flore Talamon
Nathan poche, «Histoire», 2005

h1

Le singe de Buffon

25 mai 2010

1750, Montbard. Pierre, 13 ans, entre au service de Buffon, le naturaliste, pour s’occuper de son singe ! L’animal doit servir de point d’appui à une démonstration scientifique sur l’évolution de l’homme. Mais le singe tombe malade et meurt. Buffon décide d’exploiter malgré tout son squelette. Pierre a pour mission de l’amener jusqu’à Paris. Mais le squelette est dérobé afin de discréditer Buffon en montrant qu’il appuie ses affirmations sur des preuves inexistantes. Le jeune garçon devra déployer tous ses talents d’observations pour retrouver les ossements et déjouer les pièges tendus par les ennemis de Buffon.

L’intrigue est vive et très bien menée, avec de nombreux dialogues qui mettent en avant les qualités d’observation et de déduction de Pierre. Très bien intégré, l’esprit du siècle des Lumières est présent tout au long du récit : effervescence des débats menés par les Encyclopédistes, controverses déclanchées par les autorités religieuses suite à la parution des 1ers volumes de L’Histoire naturelle, essor des salons et des cabinets de curiosités, volonté de s’abstraire des croyances populaires ou religieuses.

Les aventures de Pierre se poursuivent dans Le sang d’un prince.

Le singe de Buffon – Les Enfants des Lumières
Laure Bazire et Flore Talamon
Nathan poche, « Histoire», 2005, 183 p.