Posts Tagged ‘Roman’

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Les Illuminations d’Albert Einstein

13 mai 2011

Knödel, lanceur de nain et buveurs de bière ont rendez-vous à la Foire de Munich pour nous expliquer la découverte par Albert Einstein de la théorie de la relativité.

Le récit part d’un fait concret et propose une vraie trame narrative : le jeune Albert Einstein doit illuminer toute une baraque foraine (d’une longueur de 300 000 km) à 10h00 précise. Un décalage d’une seconde, et c’est la catastrophe. De montagnes russes en manège de chaises volantes, le jeune Albert nous entraîne dans un voyage délirant dans l’espoir de rattraper la vitesse de la lumière !

Un récit rocambolesque qui nous laisse entrevoir que la perception de l’espace et du temps n’est pas aussi simple qu’on le croit.

Les Illuminations d’Albert Einstein
Frédéric Morlot, illustration Anne-Margot Ramstein
Les Petits Platons, 64 pages, avril 2011

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L’Oreille d’or du Dr Laennec, une révolution dans la médecine

5 mars 2011

Laënnec à l'hôpital Necker ausculte un phtisique devant ses élèves (Théobald Chartran - 1816)

En 1816, le Docteur Laennec, en observant des enfants en train de jouer, invente le stéthoscope. En permettant une auscultation du coeur et des poumons, cet instrument va permettre à Laennec de décrire les symptômes de nombreuses maladies pulmonaires.

Ce livre navigue entre roman et biographie. Dans les premiers chapitres, la rencontre entre Laennec et Petit Louis fait un roman agréable avec de nombreux dialogues et un héros de l’âge du lecteur. Puis, Louis disparaît du récit (on ne le retrouve qu’à la toute fin) et c’est la vie de Laennec qui est racontée. L’écriture reste agréable, mais il est dommage d’avoir perdu le héros-enfant au cours du récit.

En fin d’ouvrage, un dossier dresse un portrait de la médecine, des hôpitaux et des conditions sociales parisiennes au XIXe siècle.

L’Oreille d’or du Dr Laennec, une révolution dans la médecine
Margot Bruyère
Oskar jeunesse, 128 pages, 2010

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Ceux qui rêvaient de la Lune

3 juin 2010

2009, quarantième anniversaire du 1er homme sur la Lune, est l’occasion de la publication de nombreux livres commémoratifs. Ici, le parti pris de l’auteur a été de choisir pour héros non pas Neil Armstrong (1er homme sur la Lune avec Apollo 10), mais Jim Lovell, astronaute du 1er vol habité autour de la Lune (Apollo huit) et surtout commandant d’Apollo 13, la mission qui faillit virer à la catastrophe.

Donc, exit Armstrong – son exploit est résumé en une quinzaine de pages seulement ; voici Lovell, le héros du récit. Nous sommes en 1968, le magazine Time choisit pour « homme de l’année » Jim Lovell et ses coéquipiers d’Apollo 8. Une journaliste vient à la Nasa l’interviewer. Après quelques anecdotes sur sa jeunesse et ce qui l’a conduit à devenir pilote, Jim Lovell raconte de manière détaillé les étapes de la préparation à la conquête spatiale : la sélection des astronomes, l’entraînement et les simulations de vols, mais aussi les choix technologiques opérés par la Nasa. Puis Lovell décrit le déroulement de la mission Apollo 8, ses sentiments, l’importance de l’équipe au sol.
La rivalité avec les Soviétiques, qui réalisent jusque-là toutes les grandes premières (de 1957 à 1965 : 1er satellite, 1er homme dans l’espace, 1e sortie dans l’espace…) est bienexposée.

La dernière partie du livre est plus vivante ; on suit « en direct » le déroulement de la mission Apollo 13 (avril 1970). Le récit alterne entre les joies et les craintes de Jim Lovell, de sa famille et des équipes au sol.
Dès avant le départ, la tension dramatique est amenée par la superstition de malheur liée au nombre 13. Puis, « en temps réel », on suit les ultimes préparatifs avant le décollage : check-list, compte à rebours, décollage. Quand les astronautes détectent un problème, le récit propose la retranscription des dialogues entre le vaisseau et le centre spatial d’Houston.
C’est le rôle des équipes au sol et l’implication des hommes qui prévaut ; la solution bricolée par l’équipe pour le retour sur Terre fera de Lovell un héros.
Mais celui-ci ne cache pas son amertume de n’avoir pu marcher sur la Lune, objectif initial de la mission Apollo 13.

Ceux qui rêvaient de la Lune – Mission Apollo
Philippe Nessmann
Flammarion, Découvreurs du Monde, 2009
240 pages

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Le sang d’un prince

28 mai 2010

Dans cette deuxième aventure des Enfants des Lumières, on retrouve Pierre, le jeune héros du Singe de Buffon qui nous fait découvrir une innovation de la médecine : l’inoculation.
1756, Théodore Tronchin, médecin genevois doit inoculer les enfants du duc d’Orléans contre la variole. La technique est controversée et le médecin assailli de critiques et de haine par ses opposants ; la méthode est jugée trop risquée, et même, elle s’oppose à la volonté divine… Pour convaincre la duchesse de l’innocuité de ce traitement, Edeline, la fiancée de Pierre, se porte volontaire : elle est inoculée, mais au grand effroi de Tronchin, elle semble beaucoup plus affectée par la maladie que prévu… Pierre devra tout faire pour découvrir les ennemis de Tronchin et sauver son amie.

L’intrigue que doit déjouer Pierre l’entraîne dans le monde médical du XVIIIe siècle, avec ses rivalités entre chirurgiens et médecins. L’état des connaissances est faible ; il est par exemple difficile d’établir un diagnostic, et les questions naïves que pose Pierre révèlent les superstitions et les peurs ancestrales mais aussi le poids de la religion. Avec l’inoculation, le patient ne risque-t-il pas de se voir transmettre un peu de l’âme du malade en même temps que sa maladie ? Et si pour nombre de médecins, s’exposer volontairement à la maladie est une folie, pour la religion, accepter la notion de prévention heurte l’idée d’un Dieu tout puissant qui répandrait la maladie selon son bon vouloir.

Le Sang d’un prince – Les Enfants des lumières
Laure Bazire et Flore Talamon
Nathan poche, «Histoire», 2005

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Le singe de Buffon

25 mai 2010

1750, Montbard. Pierre, 13 ans, entre au service de Buffon, le naturaliste, pour s’occuper de son singe ! L’animal doit servir de point d’appui à une démonstration scientifique sur l’évolution de l’homme. Mais le singe tombe malade et meurt. Buffon décide d’exploiter malgré tout son squelette. Pierre a pour mission de l’amener jusqu’à Paris. Mais le squelette est dérobé afin de discréditer Buffon en montrant qu’il appuie ses affirmations sur des preuves inexistantes. Le jeune garçon devra déployer tous ses talents d’observations pour retrouver les ossements et déjouer les pièges tendus par les ennemis de Buffon.

L’intrigue est vive et très bien menée, avec de nombreux dialogues qui mettent en avant les qualités d’observation et de déduction de Pierre. Très bien intégré, l’esprit du siècle des Lumières est présent tout au long du récit : effervescence des débats menés par les Encyclopédistes, controverses déclanchées par les autorités religieuses suite à la parution des 1ers volumes de L’Histoire naturelle, essor des salons et des cabinets de curiosités, volonté de s’abstraire des croyances populaires ou religieuses.

Les aventures de Pierre se poursuivent dans Le sang d’un prince.

Le singe de Buffon – Les Enfants des Lumières
Laure Bazire et Flore Talamon
Nathan poche, « Histoire», 2005, 183 p.

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Gregor Mendel, le jardinier de l’hérédité

24 mars 2010

De Gregor Mendel, on a souvent l’image d’un moine obscur et laborieux qui consacra 10 ans à cultiver des petits pois et observer leurs descendances.

C’est tout le contraire que dévoile cette biographie : Mendel se révèle un jeune homme avide de savoir, passionné par l’hybridation des végétaux. Issu d’une famille modeste, il ne rêve que d’étudier, encore et encore. À l’époque où les meilleurs moyens d’éducation se trouvent au sein de l’Église, Mendel entre au monastère des Augustins de Brünn. Cela lui permet ensuite d’étudier à l’université de Vienne où il acquiert une solide formation scientifique. De retour au monastère, il expérimente l’hybridation des petits pois afin de trouver les lois régissant la transmission des caractères de génération en génération. Il présente ses résultats, 10 ans plus tard, devant une communauté scientifique septique.

Le récit révèle un personnage chaleureux ; les dialogues avec ses amis décrivent les enjeux scientifiques,   les méthodes de recherche, l’opposition entre théories scientifiques.
Les obstacles que rencontre Mendel font du récit une aventure à rebondissement, jusqu’au dernier chapitre avec l’explication sur sa reconnaissance tardive.

Gregor Mendel, le jardinier de l’hérédité
Catherine Bousquet
L’école des loisirs, coll. Belles vies
120 pages, 2006

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Tout est relatif, comme dit Einstein

13 mars 2010

Einstein, père de la bombe atomique ? L’auteur, Jean-Jacques Greif, désamorce cette idée fort répandue, dès le début du roman. C’est même le postulat de départ puisque le scientifique doit répondre à l’agression verbale d’une étudiante qui le rend responsable des conséquences de l’utilisation de la bombe atomique.

Tout est relatif… prend la forme d’une longue lettre, écrite par Einstein alors âgé de 70 ans. Il revient sur les différentes étapes de sa vie, de sa naissance à 1950. Les premières années d’école en Allemagne nous dévoilent déjà un enfant singulier, très intelligent, s’adaptant difficilement au système scolaire de son époque. Tout au long du roman, les discussions entre amis ou collègues sont l’occasion de présenter au lecteur les théories d’Einstein de façon simplifiée mais rigoureuse.

Le récit montre aussi la relation entre vie personnelle et œuvre scientifique. De nombreux aspects de la vie privée d’Einstein sont abordés : sa famille, ses loisirs (le violon, la voile), ses amis. Sa manière de travailler, en solitaire surtout, est bien rendue, de même que les opportunités et les contraintes institutionnelles ; professeur dans différentes universités et toujours en contact avec de nombreux collègues, on suit Einstein dans toute l’Europe puis au Japon, en Israël, en Argentine et enfin aux Etats-Unis. L’auteur décrit les contradictions et les états d’âme d’Einstein : ses réflexions sur l’Allemagne et sur les attitudes des scientifiques, puis son engagement pacifiste dès 1914, contredit lors de la Seconde Guerre mondiale où la réaction au nazisme lui semble justifier la guerre ; enfin, après 1945, son opposition à l’armement nucléaire.

Tout est relatif, comme dit Einstein
Jean-Jacques Greif
L’École des loisirs, Médium
296 pages, 1999
Lycée