Posts Tagged ‘Récit’

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Les animaux sont-ils intelligents ?

20 janvier 2012

En 64 pages, Dominique Lestel multiplie les exemples pour raconter l’histoire de l’étude des comportements animaux : rats dans des labyrinthes, oies grises en liberté, termites construisant leur nid, « singes parlants », chimpanzé utilisant des outils fabriqués, stratégies sociales des dauphins…
Les différentes écoles se succèdent tout au long du XXe siècle (behaviorisme, éthologie objectiviste, sociobiologie, éthologie cognitive) et les mentalités évoluent de l’idée d’animal-machine dépourvu d’intelligence jusqu’à la reconnaissance d’une intelligence individuelle de l’animal et même l’observation de véritables « comportements culturels ».

Les animaux sont-ils intelligents ?
Dominique Lestel
Éditions Le Pommier, Les petites pommes du savoir
64 pages, mars 2012 (nouvelle édition)

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Mourir pour un crapaud

24 octobre 2011

New Internationalist magazine

Comment un simple petit crapaud est-il devenu le héros d’une violente controverse scientifique qui dura plus de quinze ans, se solda par un suicide et soulève aujourd’hui de nouvelles questions ? C’est ce que Catherine Bousquet entreprant de nous raconter, à la façon d’un duel entre savants.

D’un côté, Bateson, un scientifique britannique, farouche darwinien, conteste toute possibilité d’hérédité des caractères acquis. De l’autre côté, Kammerer, biologiste autrichien, prétend avoir observé une hérédité de ce type chez des batraciens. Après un long et terrible débat intellectuel entre les deux hommes, c’est un Américain, G. K. Noble, qui prouve qu’il y a eu fraude. Coup de grâce, Kammerer se suicide.
Mais l’affaire n’est pas si simple. Une fois la fraude révélée, Catherine Bousquet soulève d’autres énigmes. Questionnement sur la supercherie : qui trafiqua le crapaud ? quand ? pourquoi ? et sur les mobiles du suicide…
Mais surtout, l’auteur présente les limites de l’interprétation scientifique. Il est probable en effet, qu’à cette époque, Kammerer et ses adversaires se soient tous trompés ; ils n’ont pas pu comprendre les phénomènes observés que l’on peut aujourd’hui apparenter à des mécanismes épigénétiques.

Mourir pour un crapaud  
Catherine Bousquet          
Le Pommier, Romans & Plus, 132 pages, mars 2011

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Quel est l’âge de la Terre?

2 octobre 2011

La réponse à la question est donnée d’emblée : la Terre a 4,5 milliards d’années.
Ce que nous apprend ce livre c’est comment on est parvenu à cette valeur.
L’âge de la Terre est devenue une question scientifique au XVII-XVIIIe siècle. Auparavant, la Bible offrait un moyen bien commode de dater l’origine du monde : il suffisait de remonter le temps en comptant les générations qui se sont succédé.
Jacques Treiner nous raconte comment les scientifiques vont contredire les mythes en cherchant des chronomètres dans la nature comme le calcul du refroidissement de la Terre ou l’origine de l’énergie solaire, objet de controverse entre Kelvin et Darwin. Et les querelles de scientifiques ne prendront fin qu’avec la découverte de la radioctivité approuvée comme étant le bon chronomètre.

Quel est l’âge de la Terre?
Jacques Treiner
Éditions Le Pommier, Les petites pommes du savoir
64 pages, septembre 2011

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Galilée et les poissons rouges

10 juin 2011

La vie du savant est racontée de façon très vivante sous la forme d’un dialogue entre Galilée et sa fille Virginia. Cette forme dialoguée permet à l’auteur d’expliquer avec légèreté des concepts tels que la chute des corps, le mouvement des planètes et même la relativité.
Le récit démarre avec l’enfance de Galilée et la naissance de sa vocation, se poursuit avec les différentes découvertes du savant, aborde aussi le rôle des Médicis, de la guerre de trente ans et bien sûr du Vatican jusqu’à sa condamnation par l’Inquisition.


Plus surprenant, l’auteur égrène tout au long du récit des références à la vie d’aujourd’hui ce qui créer une distanciation et justifie peut-être qu’il ne peut pas toujours se référer à des textes originaux et qu’il doit imaginer les dialogues.
Combinaison de tout cela, un texte plaisant, bien documenté et très facile à lire.

 Galilée et les poissons rouges
Jean-Jacques Greif
Le Pommier, Romans & plus, 180 pages, mars 2010

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Voyage en Laponie de Monsieur de Maupertuis

8 mai 2011

La Terre est-elle allongée aux deux pôles comme une courge ou aplatie comme une mandarine ? Pour trancher la question, Louis XV envoie deux expéditions mesurer la longueur d’un arc de méridien : l’une en Équateur, l’autre au pôle Nord. C’est Monsieur de Maupertuis, brillant géomètre, meneur d’hommes et grand séducteur, qui est chargé de diriger l’expédition au nord de la Suède, en Laponie.

L’auteur, à partir du carnet de bord de l’abbé Outhier, membre de l’expédition, relate l’aventure de façon précise. La mission scientifique est très détaillée tout particulièrement la mesure d’un arc de méridien par triangulation. La rencontre avec les Lapons, les conditions de vie extrêmes et la personnalité enjouée de Maupertuis conduisent à un récit amusant et très mouvementé.

Viande de renne, poisson sec et eau-de-vie sont au menu pour ces savants au visage enduit de goudron puant (pour se protéger des moustiques), en tenue lapone, càd couvert de la tête aux pieds de peaux de renne malodorantes. L’aventure est périlleuse, mais l’escalade des plus hautes montagnes du nord de la Suède pour réaliser les mesures va permettre à Maupertuis d’établir enfin la forme réelle du globe terrestre.

Voyage en Laponie de Monsieur de Maupertuis
Elisabeth Badinter
Illustration de Jacqueline Duhême
Seuil jeunesse, 72 pages, avril 2003

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Les explorateurs du XVIIIe siècle

6 avril 2011

L’auteur relate dix voyages d’explorateurs qui nous entraînent aux quatre coins du globe à la découverte de l’Amazone, de la Sibérie, du fleuve Niger ou des îles du Pacifique. Les expéditions du XVIe et XVIIe siècle étaient principalement constituées de marchands et de missionnaires, tandis que les explorations du XVIIIe embarquent des savants pour étudier la faune, la flore et les populations lointaines.

Si certains récits (ceux tirés de compte-rendu de naturalistes ou d’astronomes) mêlent aventure et témoignage scientifique, c’est surtout le côté périlleux des expéditions (vie à bord des navires, conditions météo, difficultés à s’orienter) et les relations (amicales ou belliqueuses) avec les indigènes qui sont développés.

Et parmi les plus connus des explorateurs, si Bougainvilliers s’en sort bien, ce ne sera pas le cas de Cook ou de La Pérouse. Car ces voyages ne sont pas de tout repos. On doit batailler contre la promiscuité, le scorbut, les tempêtes, la désorientation, le mal de mer et parfois même contre les indigènes.
Mais il y a aussi de bons côtés avec la découverte de nouvelles terres, la flore et la faune incroyables, le gigantisme des paysages, l’accueil bienveillant des « bons sauvages » et le contentement de faire progresser les connaissances scientifiques ou d’établir la carte du globe.

Tous ces récits sont écrits de façon très vivante et les illustrations reflètent tout à fait l’esprit de ces carnets de voyage. Chaque texte est suivi d’une double page encyclopédique illustrée de documents anciens (dessins et croquis des naturalistes et des peintres ayant accompagnés l’expédition) qui présente les progrès scientifiques du XVIIIe siècle.

Les explorateurs du XVIIIe siècle
Dominique Lanni
Illustré par Christian Heinrich
Gallimard jeunesse, Sur les traces des …, 128 pages, juin 2007

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Marie Curie

2 avril 2011

Dans cette biographie de Marie Curie, Xavier-Laurent Petit nous raconte avant tout une histoire : celle d’une femme passionnée de science, acharnée dans ses recherches qui la mèneront grâce à la découverte du radium à l’obtention de deux prix Nobel.

Le récit nous transporte dans l’ambiance de l’époque : l’enfance de Mania Sklodowski en Pologne sous domination russe ; ses études à la Sorbonne à la fin du XIXe siècle, sa rencontre avec Pierre Curie et puis, les découvertes de Röntgen et Becquerel qui inciteront Marie Curie à développer ses recherches autour de la radioactivité.
Première femme à obtenir un doctorat de physique, à recevoir le prix Nobel de physique (avec Henri Becquerel et Pierre Curie) puis le prix Nobel de chimie, le récit développe aussi la place de la femme dans l’enseignement et la recherche.
L’histoire se poursuit avec l’engagement de Marie Curie lors de la guerre de 14-18, avec les voitures radiologiques et après-guerre avec le développement de l’Institut du Radium et les applications médicales de la radioactivité.
Une vie passionnante, raconté avec émotion par Xavier-Laurent Petit.

Un cahier photos illustre la vie de Marie Curie, et en fin d’ouvrage, quelques pages présentent ce qu’ont permis ses découvertes.

Marie Curie
Xavier-Laurent Petit
L’École des loisirs, Belles vies, 112 pages, mars 2005