Posts Tagged ‘Expédition’

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Voyage en Laponie de Monsieur de Maupertuis

8 mai 2011

La Terre est-elle allongée aux deux pôles comme une courge ou aplatie comme une mandarine ? Pour trancher la question, Louis XV envoie deux expéditions mesurer la longueur d’un arc de méridien : l’une en Équateur, l’autre au pôle Nord. C’est Monsieur de Maupertuis, brillant géomètre, meneur d’hommes et grand séducteur, qui est chargé de diriger l’expédition au nord de la Suède, en Laponie.

L’auteur, à partir du carnet de bord de l’abbé Outhier, membre de l’expédition, relate l’aventure de façon précise. La mission scientifique est très détaillée tout particulièrement la mesure d’un arc de méridien par triangulation. La rencontre avec les Lapons, les conditions de vie extrêmes et la personnalité enjouée de Maupertuis conduisent à un récit amusant et très mouvementé.

Viande de renne, poisson sec et eau-de-vie sont au menu pour ces savants au visage enduit de goudron puant (pour se protéger des moustiques), en tenue lapone, càd couvert de la tête aux pieds de peaux de renne malodorantes. L’aventure est périlleuse, mais l’escalade des plus hautes montagnes du nord de la Suède pour réaliser les mesures va permettre à Maupertuis d’établir enfin la forme réelle du globe terrestre.

Voyage en Laponie de Monsieur de Maupertuis
Elisabeth Badinter
Illustration de Jacqueline Duhême
Seuil jeunesse, 72 pages, avril 2003

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Les explorateurs du XVIIIe siècle

6 avril 2011

L’auteur relate dix voyages d’explorateurs qui nous entraînent aux quatre coins du globe à la découverte de l’Amazone, de la Sibérie, du fleuve Niger ou des îles du Pacifique. Les expéditions du XVIe et XVIIe siècle étaient principalement constituées de marchands et de missionnaires, tandis que les explorations du XVIIIe embarquent des savants pour étudier la faune, la flore et les populations lointaines.

Si certains récits (ceux tirés de compte-rendu de naturalistes ou d’astronomes) mêlent aventure et témoignage scientifique, c’est surtout le côté périlleux des expéditions (vie à bord des navires, conditions météo, difficultés à s’orienter) et les relations (amicales ou belliqueuses) avec les indigènes qui sont développés.

Et parmi les plus connus des explorateurs, si Bougainvilliers s’en sort bien, ce ne sera pas le cas de Cook ou de La Pérouse. Car ces voyages ne sont pas de tout repos. On doit batailler contre la promiscuité, le scorbut, les tempêtes, la désorientation, le mal de mer et parfois même contre les indigènes.
Mais il y a aussi de bons côtés avec la découverte de nouvelles terres, la flore et la faune incroyables, le gigantisme des paysages, l’accueil bienveillant des « bons sauvages » et le contentement de faire progresser les connaissances scientifiques ou d’établir la carte du globe.

Tous ces récits sont écrits de façon très vivante et les illustrations reflètent tout à fait l’esprit de ces carnets de voyage. Chaque texte est suivi d’une double page encyclopédique illustrée de documents anciens (dessins et croquis des naturalistes et des peintres ayant accompagnés l’expédition) qui présente les progrès scientifiques du XVIIIe siècle.

Les explorateurs du XVIIIe siècle
Dominique Lanni
Illustré par Christian Heinrich
Gallimard jeunesse, Sur les traces des …, 128 pages, juin 2007

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L’incroyable voyage de Monsieur de Lapérouse

17 mars 2011

1785. L’Astrolabe et la Boussole partent sous le commandement de Lapérouse pour un voyage planétaire ordonné par le roi Louis XVI. L’expédition embarque nombre de savants : botaniste, astronome, minéralogiste, géographe, mécanicien-horloger et dessinateurs.

Le récit s’appuie sur des documents du Musée de la Marine : journal de Lapérouse, instructions de Louis XVI, liste des équipages et des savants participants à l’expédition, liste du matériel embarqué… Les instructions du roi relatives à la mission des savants sont bien présentées : établir des cartes, calculer la distance de la Terre à la Lune, étudier la nature des sols, les curiosités naturelles ; introduire dans ces pays d’outre-mer les plantes utiles cultivées sous nos climats ; rapporter en France des graines et des boutures de toutes les plantes exotiques.

Mais c’est surtout la vie à bord qui est racontée, les difficultés de navigation, les confrontations avec les indigènes. On a seulement quelques informations sur les activités des scientifiques à terre. Alors qu’à chaque escale, la mission des scientifiques commence – semer les graines, examiner les sols, herboriser, vérifier si les cartes du Pacifique sont exactes – il est dommage que le récit ne précise pas ce qu’ils découvrent de la faune et la flore, des coutumes des habitants.

L’incroyable voyage de Monsieur de Lapérouse
Sophie Humann, illustrations d’Emmanuel Cerisier
Gulf Stream Editeur, 96 pages, octobre 2007

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Le dernier voyage d’Alexandre de Humboldt

15 juin 2010

1847 – Une jeune fille se présente au domicile du célèbre naturaliste Alexandre Humboldt avec le dernier carnet de voyage d’Aymé Bonpland, disparu dans la jungle amazonienne. À la lecture de ce carnet, Humboldt décide de partir immédiatement de l’autre côté de l’Atlantique sur les traces de celui qui fut un compagnon d’expéditions mais surtout un ami.

Le Dernier voyage d’Alexandre de Humboldt entraîne le lecteur dans un voyage au cœur de l’Amazonie et de son atmosphère brumeuse. Récit d’aventure où se succèdent raz de marée, poursuites et même révolution indigène, on entrevoit dans les dernières pages seulement ce que sera le secret contenu dans les notes de Bonpland. La suite au prochain épisode…

Le dernier voyage d’Alexandre de Humboldt
Récit d’Étienne Le Roux. Dessin et couleur de Vincent Froissard
Futuropolis, 80 pages, 2010

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Explorateurs

7 juin 2010

Dans cet album, trois récits d’expédition. L’un nous entraîne en Amazonie, sur les pas de Deux naturalistes au paradis. On plonge dans une nature tropicale opulente en compagnie du baron Humboldt, ingénieur et géologue et d’Aimé Bonpland, médecin botaniste.

L’objectif, lors de cette expédition, est pour Aimé Bonpland de recueillir des spécimens de la faune et de la flore ; quant à Alexander von Humboldt, il fixera les longitudes et examinera les minéraux. Les deux hommes veulent également prouver l’existence d’un fleuve mythique, le Casiquiare, reliant l’Orénoque au bassin de l’Amazone.
On suit les explorateurs et leur équipage (qui comprend de nombreux instruments scientifiques dont une horloge astronomique), d’abord à cheval, puis en pirogue. Ils découvrent, aux abords de l’Orénoque, une région relativement peuplée de campements indiens et de missions tenues par des religieux espagnols. Ils finiront enfin par redécouvrir le Casiquiare.
Pendant 4 mois et 2000 km, ils ont accumulé des spécimens de toutes natures : bêtes, herbiers, roches. Les deux amis voyageront encore pendant 5 ans en Amérique du Sud, accumulant toujours plus d’échantillons de minéraux, de plantes et d’animaux.

De retour en Europe, Bonpland sera intendant des serres tropicales de l’Impératrice Joséphine jusqu’à la chute de l’Empire puis deviendra planteur au Brésil et en Argentine.
Quant au baron Humboldt, il passera sa vie à la rédaction d’une œuvre encyclopédique ; il publiera 30 volumes et deviendra un homme célèbre, le dernier savant universel.

L’histoire nous entraîne au coeur même de l’Amazonie. Même si le récit porte davantage sur le côté « aventure de l’expédition » que sur ce qu’ont apportée les deux naturalistes aux sciences, il suscite l’envie d’en savoir plus sur ces deux savants et leurs découvertes.

Explorateurs
Olivier Besson
Thierry Magnier, 2008
48 pages