Archive for the ‘Médecine’ Category

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Louis Pasteur

15 juin 2011

Pasteur a inventé le vaccin contre la rage. Mais pas seulement. Dans cet album, l’auteure raconte de façon précise toutes les découvertes du savant, mais pas uniquement d’un point de vue scientifique.
Le récit débute par l’enfance de Louis et son engouement pour les études, ses premières expériences en cristallographie puis toutes les découvertes qui feront de lui un des plus grands savants. L’accent est mis sur l’aspect humaniste de Pasteur (une histoire de courage et de persévérance, mais aussi de solidarité et d’amour de l’humanité). Toutes ses découvertes sont un progrès concret pour ses contemporains : les brasseurs et les vignerons bénéficient des études sur la fermentation, les éleveurs sauvent leurs troupeaux grâce aux vaccins, les médecins et les chirurgiens limitent les contagions avec l’aseptie ; et chacun peut bénéficier du vaccin antirabique.

Cet album qui -dans sa préface- a pour ambition d’inciter les jeunes à suivre les pas de Pasteur n’est pour cela pas assez narratif. Le choix d’un récit à la troisième personne et la quasi-absence de dialogues rendent cette biographie très factuelle. Difficile dans ce cas de s’identifier au personnage décrit, ou même de prendre sa vie pour modèle.

 

Louis Pasteur
Sophie Humann, illustration Vincent Dutrait
Gulf Stream, L’Histoire en images, 64 pages, mai 2011

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L’Oreille d’or du Dr Laennec, une révolution dans la médecine

5 mars 2011

Laënnec à l'hôpital Necker ausculte un phtisique devant ses élèves (Théobald Chartran - 1816)

En 1816, le Docteur Laennec, en observant des enfants en train de jouer, invente le stéthoscope. En permettant une auscultation du coeur et des poumons, cet instrument va permettre à Laennec de décrire les symptômes de nombreuses maladies pulmonaires.

Ce livre navigue entre roman et biographie. Dans les premiers chapitres, la rencontre entre Laennec et Petit Louis fait un roman agréable avec de nombreux dialogues et un héros de l’âge du lecteur. Puis, Louis disparaît du récit (on ne le retrouve qu’à la toute fin) et c’est la vie de Laennec qui est racontée. L’écriture reste agréable, mais il est dommage d’avoir perdu le héros-enfant au cours du récit.

En fin d’ouvrage, un dossier dresse un portrait de la médecine, des hôpitaux et des conditions sociales parisiennes au XIXe siècle.

L’Oreille d’or du Dr Laennec, une révolution dans la médecine
Margot Bruyère
Oskar jeunesse, 128 pages, 2010

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Pasteur – voir l’invisible

5 juillet 2010

Pasteur, à l’occasion de ses 70 ans, se remémore sa vie.
De son enfance à Arbois, Louis est propulsé à l’École normale de Paris. À l’époque de la révolution, il étudie la chimie, passe son agrégation et devient professeur d’université (à Strasbourg puis à Lille). Il se marie et revient à Paris en tant qu’administrateur de l’École normale.
Il poursuit ses expériences et après avoir résolu les problèmes de fermentation, émet l’hypothèse que les micro-organismes responsables de la fermentation sont dus à des germes. Au bout de six années, il présente sa découverte à la Sorbonne : les animalcules ne sont pas dus à la génération spontanée.
Pasteur devient célèbre et est sollicité de toutes parts. Il constitue une équipe de chercheurs pour travailler sur l’idée de Koch, médecin allemand, à la mise en évidence des microbes. Il met au point le principe de la vaccination sur les animaux. Grâce à ces nombreuses expérimentations, le Dr Granger vaccinera Joseph Meister, un jeune alsacien, mordu par un chien enragé.
En 1888, l’Institut Pasteur est créé pour fabriquer des vaccins et vacciner.

Le récit mentionne la controverse avec Pouchet et évoque quelques autres savants ayant pensé avant Pasteur à ses découvertes : Robert Koch (bactériologie) ou Edward Jenner (vaccination). L’auteure parle de « Pasteur et son équipe » et mentionne ses collaborateurs : Chamberland, Toussaint, Roux.
Mais au final, les découvertes des microbes, de la fermention, de la vaccination… feront de Pasteur seul un héros national.

Pasteur – voir l’invisible
Elisabeth Laureau-Daull et Aude Samama
Seuil jeunesse, Coup de génie, 2007

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Le sang d’un prince

28 mai 2010

Dans cette deuxième aventure des Enfants des Lumières, on retrouve Pierre, le jeune héros du Singe de Buffon qui nous fait découvrir une innovation de la médecine : l’inoculation.
1756, Théodore Tronchin, médecin genevois doit inoculer les enfants du duc d’Orléans contre la variole. La technique est controversée et le médecin assailli de critiques et de haine par ses opposants ; la méthode est jugée trop risquée, et même, elle s’oppose à la volonté divine… Pour convaincre la duchesse de l’innocuité de ce traitement, Edeline, la fiancée de Pierre, se porte volontaire : elle est inoculée, mais au grand effroi de Tronchin, elle semble beaucoup plus affectée par la maladie que prévu… Pierre devra tout faire pour découvrir les ennemis de Tronchin et sauver son amie.

L’intrigue que doit déjouer Pierre l’entraîne dans le monde médical du XVIIIe siècle, avec ses rivalités entre chirurgiens et médecins. L’état des connaissances est faible ; il est par exemple difficile d’établir un diagnostic, et les questions naïves que pose Pierre révèlent les superstitions et les peurs ancestrales mais aussi le poids de la religion. Avec l’inoculation, le patient ne risque-t-il pas de se voir transmettre un peu de l’âme du malade en même temps que sa maladie ? Et si pour nombre de médecins, s’exposer volontairement à la maladie est une folie, pour la religion, accepter la notion de prévention heurte l’idée d’un Dieu tout puissant qui répandrait la maladie selon son bon vouloir.

Le Sang d’un prince – Les Enfants des lumières
Laure Bazire et Flore Talamon
Nathan poche, «Histoire», 2005

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La Licorne

12 mai 2010

Avec La Licorne, le scénariste Mathieu Gabella nous entraîne en pleine Renaissance entre science et fantastique.

1565. Ambroise Paré, pionnier de la chirurgie moderne se retrouve au cœur d’une incroyable conspiration. À Paris, des médecins réputés sont retrouvés mort ; Ambroise Paré mène l’enquête. Ces médecins ont constaté que l’anatomie du corps humain change, les organes ne sont plus les mêmes…
L’énigme tourne autour de créatures mystérieuses qui ont la capacité à régénérer leurs organes et qui seraient liées aux mutations du corps humain. Maîtriser le secret de l’évolution du corps humain est devenu un enjeu que se disputent religieux, scientifiques et sociétés secrètes.

L’histoire est dense (nombreux personnages, multiples dialogues dans une même case) et l’intrigue peut paraître complexe au premier abord. De multiples péripéties opposent Ambroise Paré, Nostradamus et les Asclépiades à l’Église pour trouver ce qui a le pouvoir de transformer l’anatomie humaine.
La dimension fantastique est sublimée par les illustrations d’Anthony Jean : ambiance sombre (jeux d’ombre et de lumière), décors mystérieux et créatures mythologiques à l’anatomie surprenante.

C’est un récit fantastique, avec ses aberrations scientifiques, mais l’on découvre au fil du récit des informations sur la médecine et les pratiques de l’époque (opérations chirurgicales, théorie des humeurs, microbes, conflits entre médecins et chirurgiens…).
En fin de chaque tome, on en apprend davantage grâce à quelques précisions sur les différents protagonistes scientifiques et sur l’histoire de la médecine et des connaissances de l’époque.

La Licorne (3 tomes)
Mathieu Gabella (scénario) ; Anthony Jean (dessin & couleur)
Delcourt
t1. Le Dernier Temple d’Asclépios – 46 planches – 2006
t2. Ad Naturam – 46 planches – 2008
t3. Les Eaux noires de Venise – 46 planches – 2009

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Hippocrate – Le médecin de l’île aux jasmins

15 mars 2010

D’Hippocrate, on connaît surtout le serment, règle de conduite du bon médecin.
Dans cet album, les images douces, aux tons tantôt ocres et rosés, tantôt gris et bleutés, font davantage penser à l’art minoen mais bon, à 1000 ans près, on est en Grèce !
C’est là que naît Hippocrate, en 460 av. J.-C., dans l’île de Cos.
Le récit nous apprend qu’à cette époque, dans l’île de Cos, les « hôpitaux » ressemblent à des temples et les traitements à un rituel magique. On est médecin si l’on est descendant du dieu de la médecine ; on se transmet les formules de guérison de père en fils.
Enfant, Hippocrate se nourrit des récits de marins : « en Égypte, les chats sont adorés comme des dieux et il y a des médecins qui ne font pas mourir les morts. En Orient, au contraire, les chats sont mangés bien cuits et les médecins sont des astrologues qui règlent la vie  des hommes par des horoscopes ! »
Hippocrate, lui, entreprend de classer les maladies ; il étudie et entre dans la classe des médecins. Il comprend les effets de l’habitat et du climat sur la santé, note les symptômes et palpe le malade pour établir un diagnostic, puis, il prescrit un traitement et un régime. Hippocrate écrit de nombreux traités de médecine et consigne la règle de conduite du bon médecin, le serment d’Hippocrate.

L’histoire, très fluide, montre qu’Hippocrate rejette les pratiques religieuses exercées jusqu’alors par les médecins grecs de l’Antiquité pour rechercher, grâce à l’observation, des causes naturelles à la maladie. Hippocrate est présenté comme le père de la médecine moderne dont il établit les règles : observation des symptômes, analyses des facteurs environnementaux, diagnostic et traitement. Comme le sous-titre nous l’annonçait : la médecine est l’affaire des hommes et non des dieux !

Hippocrate – Le médecin de l’île aux jasmins
Orietta Ombrosi et Anna Castagnoli
Seuil jeunesse, Coup de génie – 28 pages – 2008
A partir de 9 ans